LE DERNIER KILOMÈTRE, quels sont les acteurs qui peuvent peser ?

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La livraison représente une part importante des émissions de Gaz à Effet de Serre mais c’est le dernier kilomètre de chaque livraison qui représente le plus d’impacts environnementaux, économiques et urbanistiques. Objet de nombreux travaux sur le sujet depuis plusieurs années, le dernier kilomètre va inspirer de nouveaux modèles de fonctionnement dans le monde du transport. Qui sont les principaux acteurs ?

Le dernier kilomètre à la croisée de plusieurs enjeux

Responsable de « 25% des émissions de gaz à effet de serre »[1], le dernier kilomètre est le plus polluant car le moins optimisé par véhicule. Il représente 20% du coût total du transport. Si le dernier kilomètre est difficile d’accès, le territoire concerné perd en attractivité. Le partage de la voirie-éboueurs, livreurs, véhicules électriques, vélos- entraine une multiplication des conflits d’usages.

Marquage pieton

Les chiffres sont clairs : la situation devient de plus en plus complexe.

Les achats en ligne continuent leur forte progression. En 2015 « 64,9 milliards d’euros ont été dépensés sur internet, soit une progression de 14,3% » [2].

En France, le dernier kilomètre représente le quart des émissions de gaz à effet de serre. Le taux de remplissage des camions n’est toujours pas optimisé. (« 25 % en moyenne (…) de kilomètres parcourus à vide (…) pour les livraisons urbaines »).[3]

L’augmentation des livraisons dans les années à venir font l’unanimité du côté des observateurs. « Le volume de colis continuera d’augmenter au rythme de 20% par an ».[4]

Les enseignes font un retour dans les centres villes, sous forme de « petites surfaces » à amplitudes horaires larges, ce qui entraine des livraisons supplémentaires dans les hyper centres.

De plus en plus d’émissions de polluants à traiter, une consommation énergétique en hausse, des nuisances sonores à réduire, un manque de stationnement chronique, des villes congestionnées… une flotte de problèmes dans un contexte en croissance forte.

Quelles sont les solutions d’avenir ?

La typologie des destinataires est déterminante. Les professionnels reçoivent régulièrement des colis, ont une personne référente pour la réception à des horaires fixes, avec souvent des zones de stationnement réservées aux livraisons. Les particuliers n’ont pas de fréquence de réception, pas de présence physique pour une flexibilité de réception et n’ont pas d’accès facilités.

Paquet

Quelles solutions ?

Rail, fleuve, parking, et surtout véhicules électriques, tous les moyens sont bons pour livrer le client, tout en respectant l’environnement et la vie citadine.

La livraison collaborative

Devons-nous passer obligatoirement par des transporteurs privés ?

L’ouverture au choix de transport par le client pourrait apporter la souplesse dont les villes manquent. La livraison collaborative par exemple (Colis-voiturage, Blablacar, Dacopack…) nous permet de choisir des trajets existants pour faire venir le colis près de chez soi. Via une application mobile et une plateforme de logistique à la demande, la start-up Stuart met déjà en relation les e-commerçants et commerçants avec des coursiers locaux, accélérant ainsi le transport et la livraison de marchandises en milieu urbain.

Les entreprises qui font venir des marchandises d’un même lieu pourraient mutualiser les moyens de transport et ainsi optimiser les allers-retours. Il faut pour cela ouvrir ses besoins à ses voisins, ses partenaires, ses concurrents, communiquer sur les livraisons prévues. L’écologie industrielle s’empare souvent de ce point. Des freins sont identifiés au niveau réglementaire mais des solutions existent.

Livraison drones

Si les principaux flux sont récurrents, pourquoi ne pas repenser la mobilité ? Pourrait-on apporter de l’autonomie dans ces services ? Revoir la voirie pour intégrer des rails ? Une robotisation des livraisons ? Les véhicules autonomes, droïdes, drones ou autre consignes autonomes sont déjà évoquées. Inspirons-nous de ce que nous évoque la SF, les idées ne sont peut-être pas si saugrenues… Le modèle économique est encore une fois à trouver mais dans un pays comme la France où le coût de la main d’œuvre reste élevé, ces solutions peuvent paraitre rapidement pertinentes.

Mutualisation des parkings

La question d’espaces de déchargements à l’entrée des villes se pose. Les collectivités doivent l’intégrer dans leur politique d’aménagement mais tout n’est pas à créer. Servons-nous de l’existant : “Nous pourrions très bien utiliser les parkings des grandes surfaces comme ceux d’Auchan ou de Décathlon, qui ne commencent à se remplir qu’à partir de 9 h 30, imagine Marc Teyssier d’Orfeuil. Ces espaces pourraient se transformer en quais de déchargement qui feraient l’interface entre les poids lourds et les véhicules de livraison plus légers qui vont vers le centre entre 6 heures et 9 heures.”[5]

Parking vide

Développement de solutions intermodales

C’est dans la multitude de solutions que la question peut se résoudre. Chaque ville, chaque besoin de livraison peut trouver une solution adaptée. Les quais de stockages aux entrées de villes en sont une mais allons plus loin, imaginons la mutualisation des outils : transpalette électrique en commun, récupération des emballages après déstructuration des gros volumes pour recyclage…

« Certains opérateurs bénéficiant de volumes et moyens financiers conséquents tels que Distripolis (mutualisant les flux de Geodis Calberson, France Express et Geodis Ciblex) ont tenté l’expérience à Paris en 2011 et à Strasbourg début 2012. Ainsi, Distripolis a mis en place des bases logistiques réparties dans la ville, à partir desquelles rayonnent des véhicules adaptés à la livraison du dernier kilomètre. »[6] Si la question de la traçabilité des flux se pose, proposons un système commun ! A l’image du BIM dans le BTP.

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Du côté des clients, développons les lieux de récupération à fortes amplitudes horaires (bars, commerces de proximité…) choisis selon les trajets quotidiens pour éviter les détours. La pertinence des lieux de récupération sera liée à la qualité des emplacements et à la finesse de maillage des territoires urbains. La modularité de la voirie est à repenser en lui permettant de devenir zone de livraison ou pas selon les horaires. 50% des livraisons e-commerce se font en point relais. Pour les livreurs, les points relais ce sont 15 arrêts en moyenne contre 50 pour les livraisons aux particuliers.

Autre piste : détecter les leviers, les transports facilement évitables. Prenons par exemple la sortie des MIN (Marché d’Intérêt National) comme il en existe à Nantes. Tous les acheteurs du centre-ville (commerçants, restaurateurs, restaurations collectives…) viennent se fournir le matin avec leur propre véhicule (souvent frigorifiques). Imaginons une compagnie de livraison en mode doux qui livrerait tous ces acteurs du centre-ville. Le taux d’équipement de véhicule frigorifique pourrait descendre pour ces professionnels. Autre exemple : Franprix à Paris. « Aujourd’hui, les marchandises sont chargées au port de Bonneuil-sur-Marne sur une immense barge, qui parcourt 20 km sur la Seine avant de s’arrêter en plein cœur de Paris, au quai de la Bourdonnais… Aux pieds de la Tour Eiffel ! 26 conteneurs, soit 450 palettes, sont ainsi transportés chaque jour par voie fluviale. »[7]

Barge de transport

Du côté de la construction, dès la conception de nouveaux immeubles, les solutions de livraison à domicile doivent être intégrées. Les aménageurs et les promoteurs imaginent les outils permettant la livraison en l’absence des habitants, des bornes de recharges pour les véhicules électriques, des espaces de stationnement temporaires, des lieux fermés de dépôts…

Certaines livraisons de colis personnels se font sur le lieu de travail, mais cette solution est encore à développer, c’est un changement sociologique dont il s’agit ici.

Enfin les livraisons peuvent être diminuées si l’on remet la production dans la ville. La diminution de l’« importation » est possible en produisant sur place : fermes urbaines, impression 3D, recyclerie, Repairs café…

L’exemple de La Rochelle

Un arrêté municipal a contraint fortement les accès aux transporteurs privés dans le centre-ville de La Rochelle. Une concession de 12 ans a été attribuée à une entreprise privée, Proxiway, pour développer une plate-forme logistique afin de réorganiser les livraisons en ville et de mutualiser les flux de colis et de palettes sur le dernier kilomètre. Ils proposent la distribution de marchandises en centre-ville pour le compte de transporteurs. Ils livrent à domicile pour le compte de commerçants et louent des surfaces de stockage pour les entreprises, les artisans et les commerçants. Cet exemple fonctionne grâce à une réelle volonté politique, une interdiction au départ pour une recherche de solutions plus motivée. Est-il applicable dans des villes plus grandes ?

Quels sont les acteurs qui sont en mesure de dérouler les solutions ?

Les collectivités ont des compétences fortes : usage du sol, réglementation de la circulation, organisation des déplacements. Elles n’auront peut-être pas les moyens financiers pour développer des plateformes aux entrées de leur ville, mais elles peuvent taxer ou interdire l’entrée aux camions diesel par exemple.

Les entreprises de transports doivent entrer dans un système de mutualisation. La question de l’image de l’entreprise représentée par la personne du livreur doit être dépassée. Pourquoi ne pas imaginer une entité commune par ville ? Non pas pour une étatisation de la livraison mais une considération territoriale du service.

Quai transport

Les start Up et le monde digital en général représentent un foyer de solutions pour rendre possibles les changements : ouverture à distance des domiciles pour livraisons, interface de communication entre toutes les entreprises désirant livrer un centre-ville et tous les services de transport doux existants et disponibles.

Les e-marchands conservent le pilotage du choix des solutions de livraison et la politique commerciale adoptée.

Pour terminer, c’est auprès du client que le pouvoir se concentre dans cette mutation. Le consommateur est en effet celui qui choisit parmi l’offre, qui demande le délai et détermine quel prix il est prêt à payer. La sensibilisation du grand public sur les problèmes environnementaux dans le choix de livraison peut créer une demande plus forte dans ce sens.

Stéphanie Juillet 2017

BIBLIOGRAPHIE
[1] GIBERT Sébastien – « Logistique urbaine : Les enjeux de la livraison du « dernier kilomètre » - Place Publique - mai-juin 2014

[2] Ventes en ligne : forte progression en 2015 en France - http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/ventes-en-ligne-forte-progression-en-2015-en-france-28-01-2016-5494093.php

[3] Optimiser ma logistique - Mis à jour le 04/04/2014 - http://www.ademe.fr/entreprises-monde-agricole/organiser-demarche-environnementale/optimiser-logistique

[4] LIBESKIND Jérôme  - A quoi ressemblera le dernier kilomètre dans 10 ans ? 26 septembre 2016 - http://www.logicites.fr/2016/09/26/a-quoi-ressemblera-dernier-kilometre-10-ans/

[5] Le Nouvel Économiste - Dossier dernier km - http://www.lenouveleconomiste.fr/lesdossiers/la-logistique-du-dernier-kilometre-par-vehicule-electrique-31166/

[6] GIBERT Sébastien - Logistique urbaine : Les enjeux de la livraison du « dernier kilomètre », Place Publique - mai-juin 2014

[7] Le Nouvel Économiste - Dossier dernier km – http ://www.lenouveleconomiste.fr/lesdossiers/la-logistique-du-dernier-kilometre-par-vehicule-electrique-31166/
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Les algues, « l’or bleu » de notre vie en 2050, utopie-urbano-geeko-agro-vegano-surfisto-hipsto-hippie ou réalité ?

Avec les innovations que notre société connaît actuellement, l’impact de l’activité de l’homme (action anthropique) sur son environnement a pris une dimension planétaire. La modification du climat en est un exemple criant avec l’injection dans l’atmosphère de nombreux gaz à effet de serre. Fin 2016, dans une déclaration provisoire, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM – ONU) estime que le réchauffement climatique est plus significatif que toutes les prévisions émises jusqu’ici. Selon les derniers relevés de températures sur terre, l’organisation confirme que l’année 2016 a bien été l’année la plus chaude jamais enregistrée. Et ce, avec des températures moyennes de 1,1 degrés plus élevées que la moyenne préindustrielle. Cela signifie que l’un des objectifs de la COP21, qui était de ne pas dépasser 1.5 degrés d’augmentation d’ici à 2100, est déjà presque impossible à atteindre.

Face à ce constat l’urgence est là. C’est ainsi que les algues feraient partie des nombreuses innovations et solutions écologiques qui permettaient de nous préserver d’un sort funeste. Ces végétaux marins semblent réunir de nombreuses vertus qui ne sont plus uniquement découvertes par quelques hippies ou surfeurs en mal de « sensations vertes », mais aussi, par exemple, par des urbano-geeks qui agissent pour démontrer les bienfaits et les innovations que peut apporter « l’or bleu » à notre civilisation. L’algue, et ses trésors utilisés depuis la préhistoire, serait-elle le nouvel El Dorado du 21ème siècle ? Des scientifiques imaginent déjà que ce végétal marin pourrait même nous mener vers une nouvelle transition écologique et de nouvelles conquêtes spatiales à la recherche d’une éventuelle oasis radeau de survie.

Une algue c’est quoi ?

Les algues regroupent un ensemble d’organismes très variés. Toutes possèdent de la chlorophylle et, en ce sens, ce sont des végétaux. Elles vivent en milieu aquatique ou dans des lieux humides. Pourtant, les algues ne constituent pas un groupe naturel dans « l’arbre de la vie ». Le terme « algue » est une commodité de langage sous laquelle cohabitent des organismes sans lien de parenté direct. On y retrouve des bactéries (appelées algues bleues – ex : Spiruline – ou cyanobactéries) et des organismes plus évolués (des eucaryotes) uni ou pluricellulaires. Ces organismes vivent seuls, en colonies, libres ou fixés sur un support, avec des tailles différentes. Selon leurs tailles on utilise régulièrement les termes de macro et micro-algues. Il serait trop long de définir toutes les algues car jusqu’ici, plus de 30 000 espèces d’algues ont été répertoriées ; mais les océans, tout comme l’univers, sont vastes ! Quelles utilisations faisons-nous de cet « or vert » ?

Figure 1 : La « fameuse » spiruline ou Spirulina maxima

Source : Bio-c-bon.eu

L’histoire de l’utilisation des algues dans le monde, en Europe et du côté des bretons

Avant que ces végétaux marins soient révélés au grand public à la fin du 20ème siècle, notamment pour leurs remarquables qualités gastronomiques, leurs multiples bienfaits et leurs utilisations en tant qu’agent de texture, de conservation et d’additif alimentaire (exemple : Agar Agar) ; des consommations anciennes ont été mises au jour, notamment en Corée, où des fragments d’Undaria (wakamé) ont été retrouvés parmi les restes d’un repas vieux de plus de dix mille ans. Depuis plus de 4 000 ans plusieurs autres grandes civilisations ont vanté ou vantent les mérites de « l’or bleu » ; principalement les Aztèques comme nourriture des dieux et les chinois pour leurs vertus sur la santé, la longévité et le bonheur.

En Europe depuis la préhistoire, les peuples des territoires littoraux ont également consommé l’algue. Il subsiste d’ailleurs quelques plats traditionnels comme le laverbread (pain de nori broyé), le pioka (an au chondrus) et les marinades à base de laminaires de Russie. Mais ces plats étaient surtout consommés pendant les périodes de disette avant l’introduction de la pomme de terre au XVII siècle. Ce n’est qu’à partir du XIXème siècle que d’autres propriétés, prêtées à ces végétaux marins sont mises en évidence. Telles que des propriétés gélifiantes des chondruscrispus, appelés aussi Goémon blanc ou Carraghénanes, du nom d’une petite cité irlandaise spécialisée dans leur production. Ces gélifiants sont ainsi utilisés dans les industries alimentaires et pharmaceutiques. A la fin des années 70, le marché de l’algue alimentaire se développe partout dans le monde et en Europe avec l’avènement de la macrobiotique et du mouvement Hippie. Les algues communément consommées dans d’autres pays sont alors introduites à la vente dans les rayons des magasins de produits naturels, notamment en Allemagne (Kombu, Nori, Iziki, Wakamé).

En Bretagne, première réserve européenne d’algues sauvages, les utilisations les plus anciennes étaient essentiellement non alimentaires. Les végétaux marins ont servi pendant de nombreuses années à l’amendement des sols, par exemple comme composant indispensable à la production de la pomme de terre de l’île de Batz ; comme base alimentaire ou litière pour le bétail, comme combustible…ces pratiques se sont maintenues jusqu’au milieu du 20ème siècles dans les îles (exemple des fours à soude servant à l’extraction des cendres de goémon séché du carbonate de sodium, matière indispensable à la fabrication du verre). Mais « la filière algues » bretonne ne s’arrêta pas totalement à ces usages car de nouvelles découvertes permirent de poursuivre l’exploitation des algues. Le chimiste Edward Stanford isole l’alginate des algues et le Norvégien Axel Kefting en extrait l’acide alginique. L’activité d’extraction de ces matières prend alors le relais de celle de l’iode. Aujourd’hui 2 usines en produisent, à Lannilis et à Landerneau.

Au milieu du 20ème siècle, avec l’essor de la thalassothérapie, les produits à base d’algues connaissent un réel engouement auprès du grand public. C’est aussi à cette période que les industriels bretons découvrent alors les bienfaits de l’algue pour diverses utilisations dans l’agroalimentaire, les cosmétiques, la chimie et la médecine. C’est ainsi que la filière régionale des algues alimentaires débute dans les années 80 avec la création de Nature Algues à Pleubian. À cette époque, l’aquaculteur Jean-François Arbonna s’aperçoit que presque toutes les espèces importées, jusqu’alors en magasin alimentaire spécialisé, existent sur le littoral breton. Face à ce constat et au fait que la région et son environnement naturel littoral regroupent toutes les conditions favorables à la culture d’algues (courants, salinité, température de l’eau), un Centre d’Études de Valorisation des Algues, le CEVA est créé à Pleubian en 1982.

Aujourd’hui, cette nouvelle filière littorale bretonne représente une production de 70 000 tonnes par an.

Enfin dans le monde, en Europe et dans le Grand-Ouest de la France, la culture et la production de micro et macro algues deviennent de moins en moins confidentielles. Et ce, de par les évolutions de la recherche et développement pour de nouvelles applications (exemple : biotechnologies, matériaux, alimentation, etc.), dont certaines pourraient nous permettre de réduire notre impact sur notre environnement au sens large.

Quelques évolutions des usages antérieurs des végétaux marins sur terre, vers des applications durables pour nos vies et nos activités actuelles

Dans les villes, avec les bio façades, les urbanistes se mettent au « vert »

Nos villes ont une part importante de responsabilités dans l’émission de gaz à effet de serre et de particules fines. Comment pourrait-on contenir voire annihiler ces émissions ? Une innovation récente et originale pose les bases d’une « ville verte », au sens propre comme au figuré, proposer une culture de micro-algues sur des façades de bâtiments. Ces micro-algues cultivées en façades des bâtiments dans des bassins verticaux permettraient de capter le CO2 émis dans les espaces urbains. C’est ainsi qu’une agence d’architectes (XT-U Architects) s’est associée à un groupe de chercheurs de l’université de Nantes spécialisés dans la recherche et le développement de solutions à partir des micro-algues, et ce, pour mettre au point une innovation, appelée « Biofaçade ». Celle-ci consiste à avoir imaginé des panneaux remplis d’eau, sortes d’aquarium en tube, où sont cultivées des micro-algues. Ces micro-algues permettent de mieux capter le rayonnement solaire ; qui selon le principe de la photosynthèse, absorbent le CO2 rejeté par les bâtiments et se nourrissent des nutriments présents dans les eaux usées. Ce procédé présente également un avantage non négligeable, les façades « aquarium » permettront aussi d’assurer la régulation thermique des bâtiments.

Figure 2 : illustration d’un bâtiment du projet Symbio2

Biofaçades

Source : http://www.formule-verte.com

 Dans nos activités de loisirs, les surfeurs, inventent le surf « vert » 

Depuis les années 80, le surf et les activités nautiques se développent fortement sur les côtes françaises européennes et mondiales. Par exemple, en 2016, le nombre de pratiquants en surf/bodyboard se situe à plus de 450 000 pratiquants réguliers en France (chiffres Fédération Française de Surf). Cela développe une économie qui induit une demande croissante en matériel de pratique avec des impacts en matière de consommation de matières premières et environnementales (les planches de surf sont communément constituées de matières issues de l’industrie pétrolière).

Face aux enjeux de ces impacts, l’application de l’éco-conception a mené des étudiants chercheurs, biologistes et chimistes californiens, de l’université de San-Diego à concevoir une planche de surf à base d’algues. Ce projet de « surf vert » résulte d’un partenariat avec l’industrie du surf californienne pour la conception de solutions durables à des problématiques environnementales locales et globales. Le groupe d’étudiants a pu mettre au point une substance à base d’huile d’algues capable de s’expanser et de présenter les mêmes propriétés, en matières de façonnage et de flottabilité, qu’une mousse de polyuréthane (matière première actuelle composant le corps d’une planche de surf).

Ironie du procédé, l’huile d’algues n’est pas verte mais transparente comme son homologue pétrolifère. Les étudiants ajouteront dans le futur un colorant vert pour rappeler que la planche est « verte » dans tous les sens du terme.

Figure 3 : Planche de surf biosourcée à base d’huile d’algues

Surf

Source : Site de l’Université de San Diego, CA

Ces deux exemples de solutions permettent d’entrevoir des solutions concrètes pour nous engager à limiter nos impacts sur l’environnement et nos espaces de vies et d’activités. Elles visent à être appliquées sur terre et mer, mais, déjà, d’autres solutions relevant du domaine de l’anticipation scientifique sont à l’étude pour transporter algues et humains vers d’autres territoires.

2050, de nouvelles colonies utopiques végétales et humaines sur Mars

Pour nous sauver des effets destructeurs du changement climatique, la planète Mars est aujourd’hui de plus en plus citée comme une solution pour établir « un nouveau monde utopique et salvateur ». Deviendra-t-elle un véritable lieu d’habitation pour des hommes « verts » venus de la terre ? Un nouvel élan lié à un domaine de recherche très spécifique semble faire école aujourd’hui pour imaginer sauver l’humanité si nous échouons sur la voie « verte » terrestre. Voici un bref aperçu des avancées actuelles dans le domaine de l’utilisation des algues qui nous permettraient d’imaginer renforcer nos liens avec l’espace et une nouvelle planète en 2050 et au-delà.

 Le recours à la terraformation de la planète Mars

Mais pourquoi Mars ? Parce que quand elle est au plus proche de nous, la planète rouge est située à environ 75 millions de kilomètres de la terre. Ainsi, un voyage de quelques mois (6 mois environ) dans l’espace serait envisageable pour la rejoindre. Elle réunit également différents critères de « vie(s) » liés à son activité ancienne apparemment proche de celle de la terre : existence de calottes glaciaires, volcans anciens, vie existante sous forme microbienne, etc.  Mais avant cela, il serait idéal de passer par une étape qui permettraient de faciliter la vie de « futurs martiens humains ». La science-fiction, l’imagination et l’innovation permettraient ainsi de rendre la planète rouge « habitable » avant de la coloniser. Et ce, moyennant quelques étapes itératives liées au concept de la terraformation.

Terraformer est un procédé qui consiste à modifier radicalement les conditions existantes à la surface d’une planète pour la rendre habitable. Il est né en 1930 dans l’imagination de William Olaf Stapledon, un poète et philosophe anglais surtout connu pour ces romans de science-fiction. Depuis cette époque d’anticipation scientifique et suite aux études de l’astronome américain Carl Sagan, dont l’étude sur la terraformation de Venus en 1961, la terraformation est considérée avec de plus en plus de sérieux par une part importante de la communauté scientifique (exemple : Christopher McKay, Owen Toon et James Kasting – Nature, 1991). Le procédé de terraformation comprend deux étapes importantes.

Figure 4 : Illustration de l’exploration humaine de mars par la NASA, Un début de colonisation « verte » ?

Mars

Source : D Mitriy/WikimediaCommons

Une reconstruction de l’atmosphère martienne

Cette première étape de la terraformation consisterait à augmenter la concentration en CO2 dans l’atmosphère martienne. Et ce, de manière à profiter de l’effet de serre. Cette action sur le dioxyde de carbone entraînera une augmentation progressive de la température et déclenchera des réactions en chaîne sur la planète. Elle est indispensable car l’atmosphère initiale sur mars est très fine et donc impropice à la vie (l’atmosphère martienne contient 96 % de CO2, mais il est en quantité bien trop faible pour jouer un rôle d’atmosphère aussi dense que sur terre).

Ainsi, la solution pour reconstituer une atmosphère plus dense serait d’importer de l’eau permettant de faciliter les modifications dans l’atmosphère, et ce, notamment grâce à des réactions chimiques de l’hydrogène au dioxyde de carbone et du méthane, gaz à effet de serre à impact 25 fois plus important que celui du CO2 (exemple réactions de Bosch et de Sabbatier). Cela permettrait de réchauffer l’atmosphère et de créer de l’eau. A savoir qu’il existe déjà à la surface de la planète rouge des réservoirs de dioxyde de carbone dans le régolite martien (le sol martien) ou les calottes polaires. Des chercheurs comme Chris McKay, exobiologiste et responsable du programme de colonisation à la NASA, pensent qu’il suffirait de peu pour déclencher un réchauffement global de Mars : la seule et unique action de faire fondre la calotte polaire australe (grand réservoir de gaz carbonique de la planète), en élevant la température de seulement 4°C (passant de -126 °C à -122°C), libérerait le gaz carbonique existant actuellement sous forme de glace carbonique qui s’évaporerait dans l’atmosphère.

En complément de l’action sur le CO2, viendrait ensuite une colonisation par le végétal, premier fournisseur de dioxygène (photosynthèse). Mais quels végétaux implanter en premier sur une planète hostile ?

L’introduction des premiers martiens, les « algues bleues » ou cyanobactéries

La deuxième étape de la terraformation martienne consistera à y faire pousser des végétaux qui produiront par photosynthèse de l’oxygène sur la planète. Cet oxygène et l’atmosphère qui sera créée pourront permettre aux humains d’espérer vivre sur Mars dans 900 ans ! Ce délai correspond au temps pour le processus de terraformation de se mettre en place et à l’atmosphère martienne d’atteindre une pression suffisante de 120 millibars (le seuil vital de respirabilité). C’est un projet à l’échelle d’une civilisation, mais certains scientifiques comme Charles Frankel reconnaissent que rien n’exclut que l’humanité puisse trouver des raccourcis (bio)technologiques à l’avenir.

Pour parvenir à une production d’oxygène suffisante en milieu hostile, les recherches actuelles s’orientent sur la dissémination à la surface de Mars des cyanobactéries, habituées à vivre dans des conditions extrêmes, comme en Antarctique. Les cyanobactéries sont parmi les premiers êtres vivants de la planète terre. Pendant 2 milliards d’années, ces bactéries, autrefois appelées « algues bleues », ont régné le domaine du vivant à la surface de notre planète et ont totalement modifié la composition de l’atmosphère terrestre. Ainsi, comme sur notre bonne vieille Terre, le sol martien pourrait être parsemé de cyanobactéries qui en captant le CO2 et en libérant de l’oxygène grâce à leur activité photosynthétique, changeront petit à petit la composition de l’atmosphère martienne.

Les scientifiques Écopoïèsiens (Écopoïèse = Création d’un écosystème durable sur une planète initialement stérile et sans vie) ont identifiés 2 espèces de cyanobactéries particulièrement résistantes. La première, la Chroococcidiopsis, espèce qui figure parmi les espèces pionnières observées dans l’antarctique peut indifféremment vivre dans des milieux arides et chauds comme dans des milieux arides et glacials. La deuxième, Matteia est une autre cyanobactérie qui est la seule capable de survire à une absence totale d’eau. Elle possède également la propriété de dissoudre les roches carbonatée pour y trouver un habitat idéal. En fait, ces deux « algues bleues » sont déjà de vieilles colonisatrices de notre planète terre et devraient, dans un premier temps, permettre d’amener la pression partielle en oxygène à la valeur seuil de 1 mbar. C’est à partir de cette valeur seuil que les plantes supérieures qui seront importées sur mars dans une troisième étape pourront se développer pour porter l’atmosphère à une pression de 120 millibars.

Figure 5 : Matteia, future cyanobactérie martienne?

Cyanobactéries

Source : inconnue

La quantité d’oxygène sera alors suffisante et l’activité biologique fera de « Mars la verte » une biosphère riche et diversifiée. Les premiers colons martiens pourront ainsi délaisser leurs combinaisons et leurs masques à oxygène pour vaquer à leurs cultures, leurs cueillettes d’algues, leurs sessions de surf, leurs nouvelles recherches scientifiques, etc. !

Figure 6 : Vue d’artiste du processus de terraformation de Mars ; l’apparence finale de la planète est basée sur les données du Mars Global Surveyor.

Mars Verte

Source : wikipédia

Retour à la réalité, sur terre

Pour finir, dans ce dédale « d’espérance bleue/verte », une partie de la réalité actuelle est à prendre en compte pour nos espoirs de survie(s). Si cela est réalisable à partir de la théorie, malheureusement, la terraformation s’effectuera sur une échelle de temps très longue, ce qui laisserait du temps pour expérimenter tout un florilège de scénarii d’évolution potentiellement salvateurs ou fatals pour l’humanité : certaines dynasties ne seront plus au(x) pouvoir(s) et nous pourrons continuer à écologiser notre chère planète. Ou, au contraire, peut-être y aura-t-il de nombreux descendants candidats au(x) pouvoir(x) planétaire(s) qui construirons une voie noire et une fuite inexorable vers un non-sens planétaire en attendant que notre soleil explose (un aperçu ici) ? Quant à Mars, peut-être qu’en 2050 auront nous déjà « tiré à boulets rouges » sur notre « futur radeau vert » ? La méthode « musklé » de terraformation d’Elon Musk aura alors produit ses effets dévastateurs et nous n’aurons plus que comme nouvel espoir, la culture et la consommation d’algues sur terre ! « Jusqu’ici tout va bien 

LioLeg, avril 2O17

Mots clés : algues, filière, Bleu, vert, Bretagne, innovations, applications, éco-conception, terraformation.

Bibliographie

Ouvrage, Les secrets des algues, Jean-Yves Floc’h, Véronique Leclerc, Edition 2010

Communiqués de Presse, Déclaration provisoire de l’OMM sur l’état du climat mondial en 2016

Article, Biofaçades : des murs en micro-algues pour nettoyer les villes demain, Consoglobe.com, Rédigé par Elise Racque, le 1 Feb 2016

Article, La 1ère Planche de Surf à base d’Algues – Blog Surf Prevention, Ecrit par Guillaume Barucq / 27 avril 2015

Article, Terraformation de Mars : comment rendre une planète habitable ? techniques-ingénieur.fr, 24 juillet 2012

Article, Economie de la mer. Les algues, une filière nouvelle sortie de la mer, Ouest-France, 4 octobre 2016

Article, visions de l’océan futur par Frédéric Denhez, 13 janv. 2017

Chronique radio, les algues, matériaux du futur, matériaux nouveaux, Joël De Rosnay – octobre 1991

Conférence, La Filière Algues en Bretagne, Enjeux Territoriaux et Problématiques Juridiques, Lundi 14 novembre 2016 à Lorient, Faculté de Droit

Documentaire, Mars, une nouvelle terre?, France 5, 2009

Remerciements à : Camille Jégou, Maître de Conférence à LUBEM, pour ses conseils et les références bibliographiques sur le domaine des algues / Jean-Baptiste Bahers, Enseignant chercheur à l’EME, pour ses conseils.

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Billet d’humeur personnel : Sauver la matière organique, sauver l’amour pour les sols

Avec ma fille, j’ai pris connaissance de la chanson « Sauver l’amour »  de Daniel Balavoine. Quelques phrases me faisait penser au sauvetage de l’amour pour les sols, la Gaïa, notre terre mère nourricière : «Qui est-ce qui pourrait sauver l’amour et comment retrouver le goût de la vie ?» L’image de la Terre est pour moi, une mère âgée, épuisée et malade pour de multiples raisons : l’utilisation massive des intrants (pesticides, engrais chimiques, insecticides), le tassement dû aux engins agricoles, le labour, la spécialisation et les monocultures, le lavage et l’érosion des sols lié au remembrement et aux champs sans culture…Selon les experts mondiaux des sols Lydia et Claude Bourguignon (revue « Sans transition » N° 4 Fev / Mars 2017), les sols agricoles français sont endommagés car les techniques culturales actuelles inadaptées aux sols ont fait disparaître en 50 ans la moitié de la teneur en matière organique des sols. Comment aider les sols à retrouver la santé et le goût de la vie? Pour ces deux experts, la solution consiste à réintroduire la matière organique dans les sols. Lire la suite

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Petite réflexion autour de la carte bancaire du futur …

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Communiqué de presse

12 janvier 2025

Le Crédit Mutuel ALGUÉA lance la « GLAZ CARD », première carte bancaire 100 % responsable et respectueuse de l’environnement.

Acteur engagé dans la lutte contre le réchauffement climatique, le Crédit Mutuel ALGUÉA lance une carte bancaire en cohérence avec ses valeurs : éco-conçue, bio-dégradable et recyclable, et qui participe au financement de l’économie circulaire.

Parce qu’en Bretagne la mer agitée n’est ni verte, ni bleue, ni grise mais de couleur « glaz », cette carte bancaire nouvelle génération porte le nom de « GLAZ CARD » et va secouer le monde de la carte bancaire classique.

« Comment consommer responsable ? », « Comment donner du sens à mon épargne ? »
Toujours à l’écoute de nos clients, c’est pour répondre à leurs attentes que cette carte a été conçue. Ils sont de plus en plus nombreux  à vouloir soutenir des projets environnementaux. Ces projets sont en effet, en nombre, les plus largement soutenus par la finance solidaire. C’est un secteur qui a le vent en poupe et qui est en plein essor : plus de 60 % des projets environnementaux financés ont moins de 3 ans [1]. Soucieux d’aider nos clients dans leur démarche responsable et de participer activement à cette transition écologique, nous avons créé la GLAZ CARD. Lire la suite

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Démocratie libérale fatale ou tyrannie écologique bienveillante ?

2057: Face à une crise écologique planétaire et à l’inactivité dont ont fait preuve les gouvernements successifs, plusieurs groupes radicaux de la Deep Ecology ont fusionnés pour renverser l’ordre mondial et instaurer un nouvel intérêt collectif.

[Préface : Les futurs apocalyptiques sont une spécialité de l’Homme.  Nous aimons imaginer la fin possible de notre humanité, de multiples façons (catastrophes naturelles, robots, aliens et autres zombies). Tant que cela reste peu envisageable . Mais nous n’aimons pas entendre parler d’un futur catastrophique et crédible à la fois. Nous préférons rester indifférent aux mises en garde et continuer à imaginer que tout ne peut que continuer tel qu’on le connaît.
Le but de cet article est justement d’amener le lecteur à envisager la possibilité future, voire la préférabilité, d’un système entièrement tourné vers la survie de l’espèce humaine. Le confort et les libertés n’ont plus lieu d’être, puisque les enjeux vont bien au delà de l’individu. Cette mise en garde, et alerte de notre situation actuelle, vise à faire s’interroger le lecteur pour chaque solution décrite, à enclencher une réflexion qui va plus loin que notre vie quotidienne. Nous devons absolument réaliser à quel point notre société toute entière est en péril, et changer nos mentalités et nos comportements pour tendre ensemble vers un futur plus clément.]

Cela fait maintenant 40 ans que s’est tenue la COP 21 à Paris et qu’ont été pris les engagements de maintenir le réchauffement planétaire à 2°C de plus que l’ère pré-industrielle. Malheureusement l’unique et fragile accord international aura été balayé par l’élection de Trump à la tête des USA en 2016. Le réchauffement moyen ayant désormais atteint 3,6°C, les catastrophes naturelles sont épidémiques et plus de 200 millions de réfugiés climatiques sont déplacés chaque année. Les guerres pour les ressources sont incontrôlables et l’illusion du progrès technologique au début du siècle n’a pas permis d’enrayer le phénomène. Lire la suite

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Une alternative à l’Eco-Taxe sur les emballages

Eco-Taxe : Prélèvement fiscal opéré sur un bien, un service ou une activité en raison des dommages qu’ils sont susceptibles d’occasionner à l’environnement[1].

Depuis plusieurs années, en vertu du principe de la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP), les fabricants, importateurs ou distributeurs de biens de consommation, doivent s’acquitter d’une faible contribution destinée à financer la collecte sélective, le recyclage ou le traitement de certains produits en fin de vie.

Cette contribution, est répercutée sur la majorité de nos achats sous la forme d’une contribution financière plus ou moins visible (“visible fee”), appelée Eco-Taxe. Cette taxe est intégrée au prix de vente du produit, elle est payée par le consommateur final.

Les REP en France

Impulsée par l’Europe, le principe de la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) est transposé dans le droit français depuis 1975[2]. Lire la suite

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Les effets rebond en économie circulaire : Le remède est-il pire que le mal ?

Face aux problématiques auxquelles nous confronte l’économie linéaire, l’économie circulaire à l’ambition de proposer un nouveau système économique qui respecte la biosphère, tout en maintenant un développement soutenable.

Dans l’étude qui va suivre, nous portons notre attention sur les conditions qui doivent être mises en place pour déployer les projets d’économie circulaire de manière efficiente.

Le discours sur le concept d’économie circulaire est souvent consensuel, cependant pour assurer la réussite nette d’une démarche d’économie circulaire, il faut considérer son résultat avec une approche globale qui tienne compte de la complexité des interactions avec notre environnements physique et humain. Et, ce n’est pas si simple car il faut intégrer dans ce bilan des invités inattendus qui influent sur les résultats des projets de manière insoupçonnable à priori : ce sont les effets rebonds. Nous allons les définir et vous donner des pistes de prévention pour que vos projets d’économie circulaire soient des réussites globales.

L’étude est visible ici : Projets d’économie circulaire : Le remède est il pire que le mal ?

 

 

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Retour sur le projet de loi Biodiversité, 2016

Le mercredi 20 juillet 2016, la « loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » a été enfin adoptée par l’Assemblée nationale. La loi crée l’Agence Française pour la Biodiversité, interdit les néonicotinoïdes, définit la non-régression du droit de l’environnement et les principes de préjudice écologique et reconnait « les paysages nocturnes » dans le patrimoine de la Nation !

Quarante ans après la loi de 1976, dite « loi de protection de la nature », la « loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » a été adoptée par l’Assemblée nationale le 20 juillet dernier après deux longues années de débat parlementaire. Précédé de trois mois de débats régionaux et d’une cinquantaine de réunions de concertation, le projet présenté en conseil des ministres le 26 mars 2014 aura été discuté pendant 27 mois. Cette loi est composée de 174 articles, qui sont répartis à travers les sept chapitres suivants : (I) principes fondamentaux, (II) gouvernance de la biodiversité, (III) agence française pour la biodiversité, (IV) gouvernance de la politique de l’eau, (V) accès aux ressources génétiques et partage juste et équitable des avantages, (VI) espaces naturels et protection des espèces et (VII) paysage. La loi a été publiée le 9 août 2016 au Journal officiel.

La loi Biodiversité 2016, renouvelle la perception de la biodiversité et son importance pour les  sociétés humaines, et elle apporte plusieurs avancées. En effet, des ajouts notables y figurent depuis son passage à l’Assemblée comme la notion de préjudice écologique, le principe de non-régression de droit de l’environnement, mais certains autres décrets pourtant urgents à mettre en place, comme la pêche en eau profonde n’ont pas été ratifiés. Nous proposons ici, une lecture résumant les ajouts positifs qui favorisent la préservation et le maintien de la biodiversité et les points qui méritent d’être améliorés. Accédez à l’article (PDF)!
Pour en savoir plus, vous pouvez accéder directement au texte de « Loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » , parue au JO n° 0184 du 9 août 2016.
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Projet de recherche MUEED

Le projet de recherche MUEED (Métabolisme Urbain, Empreinte Ecologique et gestion des Déchets) subventionné par l’ADEME est terminé !

Vous pouvez consulter le rapport final, ainsi que sa synthèse au lien suivant : http://eso-lemans.cnrs.fr/fr/recherche/programmes-en-cours/projet-mueed-metabolisme-urbain-empreinte-ecologique-et-dechets-1.html

Résumé :

L’économie circulaire est aujourd’hui une notion établissant un consensus rarement atteint dans la gestion des déchets entre l’ensemble des acteurs, publics ou privés, associatifs, militants ou à but lucratif. Cependant, cette notion ne reste que très peu définie. Qu’est ce que réellement l’économie circulaire et surtout, à quelle échelle s’applique-t-elle ? Une boucle planétaire de matière recyclée participe-t-elle d’une économie « circulaire », ou est ce que cette circularité doit s’exprimer à une échelle plus locale. Le principe de proximité fait partie des notions de bases du cadre réglementaire relatif à la gestion des déchets en France et en Europe, pour autant aucun texte ne définie cette échelle de la proximité. Comment peut-on alors réfléchir à une économie circulaire « de proximité » intégrant les enjeux sociaux du territoire, économiques des filières industrielles et environnementaux de la planète ? Ce texte est le résultat d’une recherche menée dans le cadre du programme « Déchets et société » de l’ADEME par l’Université du Maine, l’Ecole des Métiers de l’Environnement et l’Université de Paris-Est-Marne-La-Vallée. L’objectif est d’établir une base de donnée empirique et estimée des flux du métabolisme territorial et des flux de déchets à l’échelle de trois villes (Rennes, Le Mans et Marne-La-Vallée) afin d’offrir une cartographie de leurs impacts. Cette spatialisation, conjuguée avec une analyse des politiques publiques de gestion, de planification, ainsi que des pratiques des entreprises, des associations ou des éco-organismes, offrira une vision de l’application du principe de proximité. La dimension territoriale de la gestion des déchets sera alors l’outil pour questionner le fait que l’économie circulaire soit ou non de proximité.

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Tissons le changement

La démocratisation des innovations textiles pour une mode propre et durable : La « Biocouture*».

Et si, demain, nous pouvions tous faire pousser notre tissu ?! «Cultiver » ses vêtements grâce aux bactéries et les composter une fois la tendance passée ?! Aujourd’hui, pas si futuriste que cela. La recette est simple et rapide. Elle peut se faire dans la cuisine de Monsieur et Madame tout le monde.

Les bio-matières un pari à prendre.

Les recherches sur les bio-matières dans l’industrie du textile ne sont pas nouvelles. Cependant, peu dans le monde se penchent sur le potentiel des bactéries comme base de ces innovations. Aucun consensus officiel sur la définition du terme « bio-matière » n’a été défini mais sera, dans cet article, une matière créée à partir de bactérie. Suzanne Lee, styliste anglaise et pionnière en la matière, en a fait les premières expériences. C’est dans sa baignoire qu’elle fait pousser sa matière ! Sa recette, en libre accès, vous permet de créer un échantillon à partir de 200ml Lire la suite

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