Visite guidée de l’antre minimaliste, exposée vers l’économie circulaire

En quoi le(s) courant(s) minimaliste(s) est(sont) à l’individu ce que l’économie circulaire est à la société ? Comment le minimaliste est-il vecteur d’économie circulaire ? Quel solde novateur peut-on observer ?

Si le minimalisme, entendu singulièrement sous l’expression « less is more »1, peut paraître abstrait parce qu’il entretient des liens avec divers domaines ou innovant parce qu’original et pratique ; il n’en demeure pas moins qu’il a encore de beaux jours devant lui, tel un éternel recommencement. Au moyen de son comportement, le citoyen minimaliste contribue efficacement à l’édifice de l’économie circulaire, comparé ici à une antre2, avec des effets majoritairement positifs à plusieurs niveaux, mais non sans peine, « no pain no gain »3.

État des lieux d’entrée du minimalisme : DÉFINITION ET PREMIERS CONCEPTS

Le « minimum », issu du latin4, se définit comme la plus petite quantité. Simple, non ? A vrai dire, pour y donner plus de sens, une définition plus complète caractérise le minimalisme comme la « recherche de solutions requérant le minimum d’efforts, de bouleversements »5. Ainsi, on passe d’une mesure ou d’un nombre le plus réduit à une volonté d’agir pour trouver une issue (à un problème ciblé) qui serait la moins impactante, tant en amont (énergie ou matières fournies) qu’en aval (conséquences néfastes, relatives à l’environnement ou à la santé par exemple). Dans les propos qui vont suivre, nous pourrons remarquer que le champ d’application est multicritère avec un « ancrage artistique contemporain » important, et dont l’approche est de prime abord innovante. Si l’approche avec l’économie circulaire peut sembler lointaine, un fin lien peut parfois exister (inspirations, design, etc.).

Représentation d’une main humaine peinte en -27000 dans la grotte découverte
par le plongeur Henri COSQUER, 1991
Photo : inconnu

Par ailleurs, si l’on remonte au temps des civilisations plus anciennes, par exemple au Paléolithique supérieur, la vie quotidienne et les arts exprimés peuvent être caractérisés de minimalistes de part la simplicité des œuvres (signes, représentations animales et humaines), leurs supports et le type d’art : pariétale (dans les abris-sous-roches comme les grottes de Lascaux et Cosquer au Paléolithique) ou rupestre (sur les rochers à la lumière du jour, plutôt au Néolithique) avec des peintures (charbon, ocre..), sculptures (art mobilier), gravures (pierre, argile, ivoire, os, bois, tissus). Les matériaux bio-dégradables ne permettent malheureusement plus de les entrevoir à ce jour. Le monument mégalithique de Stonehenge en Angleterre ou les alignements de dolmens en Bretagne illustrent un art minimaliste de civilisations ancestrales.

Plus récemment également, les civilisations japonaise, nomade, montagnarde (peuple des montagnes), scandinaves ou d’Afrique subsaharienne figurent parmi les tendances minimalistes quant au mode de vie, « un art de vivre qui se cultive »6 !

De nos jours, l’art contemporain s’inspire aussi du minimalisme, notamment vers 1960 à New-York, où l’abstraction géométrique reflète une philosophie d’art objective, appelé « art minimal »7, s’exprimant principalement en architecture, sculpture et peinture. Nous pourrons citer trois exemples d’art minimaliste. Le premier est illustré avec Ludwig MIES VAN DER ROHE8 (1886-1969), architecte allemand et directeur de l’Ecole Bauhaus. Ces travaux sont caractérisés par une expression directe et claire avec des formes linéaires et l’usage prédominant du verre et de l’acier, instiguant de nombreuses constructions de gratte-ciel notamment à Chicago (Illinois, États-Unis), Montréal (Canada) et Berlin (Allemagne)9.

Ludwig MIES VAN DER ROHE, 2006, Mies on the roof, Chicago,
Appartements 860 et 880 Lake Shore Drive
Photo : Slim AARONS

Le deuxième est représenté par les maisons californiennes10 (États-Unis) de Joseph EICHLER (1900-1974), entrepreneur designer, dans les années 1950-1960, très prisées et qualifiées « d’indémodables grands classiques du design »11.

Foster Residence location : 17145 West Nanette St. Granada Hills, Los Angeles, California
Photo : inconnu

Le troisième exemple est l’exposition ayant eu lieu en 1996 au sein du Richmond Hall grâce à Dan FLAVIN (1933-1996), sculpteur minimaliste américain, au musée d’art moderne et contemporain The Menil Collection, à Houston (Texas, États-Unis)12.

Dan FLAVIN, untitled, 1996. Installation view, Richmond Hall, The Menil Collection, Houston. Photo : Don GLENTZER

Ces exemples minimalistes artistique peuvent être, pour les acteurs d’aujourd’hui œuvrant pour l’économie circulaire, une source d’inspiration notamment quant au design et au choix des matériaux, plus respectueux de l’environnement. Pour illustrer le propos, citons les constructions minimalistes durables comme les micro-maisons, aussi appelées « tiny houses » importées des États-Unis, l’auto-construction ou encore les micro-appartements australiens. Le choix de cet habitat, souvent tourné vers le minimalisme pour mieux se ressourcer et se rapprocher de la nature, est en partie lié à la volonté de sélectionner soit-même son environnement et ses matériaux (récupération possible), ne pas se laisser imposer des « choix classiques ou de masse». Des communautés d’habitants13 de ces constructions éco-responsables se forment et deviennent le projet d’une vie !

Nickis Victorian Tiny House Interior, 2014
Photo : tinyhousegiantjourney.com

Également artistique, il faut savoir que la musique minimaliste existe. C’est un courant contemporain né dans les années 1960 à New-York inspirée majoritairement du classique américain et s’est développée lentement avec des teintes de jazz, de rock ou d’électronique14, nous pourrions citer deux artistes :

  • Steve REICH (1936-auj), compositeur et musicien américain, pionnier de la musique minimaliste15 ;
  • Charles MARTIN, dit Charlemagne Palestine (1947-auj), compositeur et artiste plasticien16

En France, elle est dite « répétitive »17 en rapport aux techniques de composition et influence fortement la télévision et le cinéma. Paradoxalement, une partie de la classe musicale accuse ce courant d’être artificiel, anti-intellectuel, un modèle de consommation voire de régression18.

Noam CHOMSKY, The Minimalist Program MIT Press, Cambridge Mass, 1995

La notion de minimalisme traverse également le domaine des langues, inspirée par les travaux du linguiste américain, Noam CHOMSKY, décrits dans son œuvre The Minimalist Program, en 199519, avec la naissance d’un programme minimaliste de recherche scientifique sur la linguistique générative où, sans entrer dans le détail complexe de ces travaux, « avec la grammaire générative on passe de l’étude des langues comme entités sociales à celle d’une réalité psychologique individuelle, la langue interne »20.

Enfin, en religion, le minimalisme biblique, dit aussi « École de Copenhague », est un courant de pensées de la fin des années 1960 réfutant toute valeur historique à la Bible si elle n’est pas corroborée de preuves archéologiques. S’opposant à l’archéologie biblique, il considère que « la Bible n’est pas une source fiable pour l’étude de l’Israël antique »21.

Le minimalisme exprime un style simple et épuré, souvent marginalisé car original et de prime abord novateur. Une fois ces premiers domaines évoqués, sans passerelle avec une économie durable, d’autres domaines décrits ci-après pourront l’avoir. En effet, le minimalisme, en tant que mode de vie, peut revêtir des arguments favorisant une soutenabilité de notre économie. À partir de ce constat, le minimalisme n’est plus une innovation, mais un retour aux sources, à une simplicité qu’a pu connaître l’Homme depuis sa création, avec ce qui lui convient pour répondre aux besoins primaires. Non sans rejeter le progrès technique, qui apporte un confort supplémentaire, la difficulté réside dans le degré de satisfaction des besoins.

Visite des ailes contextuelles du minimalisme : ENTRE PRISE DE CONSCIENCE ET VOLONTÉ DE SOBRIÉTÉ

De nombreuses catastrophes environnementales comme l’accident nucléaire de Tchernobyl en Ukraine en 1986, le plus grave du XXe siècle, ou les nombreuses marées noires issues de puits de pétrole (en première place, la plate-forme pétrolière d’Ixtoc I dans le Golfe du Mexique en 1979) ou de navires pétroliers illustrent les désastres que causent l’exploitation humaine des ressources et les activités qui en découlent. Les crises financières (Krach d’octobre en 1987), économiques (difficultés du marché immobilier français en 1991) et politiques (guerre du Golfe avec sabotages pétroliers, pertes humaines et déficits économiques) vont influencer les comportements et la consommation excessive22.

S’être rendu compte des conséquences dévastatrices de l’activité humaine depuis la Révolution Industrielle sur nos habitats (logement, paysage, planète), sur notre santé (personnelle, de notre entourage, de populations touchées par la faim ou le surpoids), sur nos finances (porte-monnaie, fragilité des marchés financiers, mondialisation), nos besoins (vitaux, accessoires, inutiles) ou sur les Terriens (Hommes, Animaux, Végétaux) aide grandement à la prise de décision, à la compréhension et à l’action minimaliste.

D’ailleurs, Paul CHEFURKA, informaticien et chercheur canadien s’intéressant à la soutenabilité23, décrit ce processus graduel en 5 étapes24:

Sommeil profond

Conscience d’un problème fondamental

Conscience de nombreux problèmes

Conscience des interconnexions entre les nombreux problèmes

Conscience que la situation difficile englobe tous les aspects de la vie

Dans la même idée de conscience, la militante écologiste et auteure américaine Joanna MACY (1929-auj), travaille depuis plusieurs décennies notamment sur la culture d’une conscience écologique, sous le nom d’écologie profonde (plus qu’un contexte philosophique, cette spiritualité vise le vécu de l’écologie, le « ressenti de notre appartenance à la toile de la Vie »). Elle délivre des outils pour se réconcilier avec la Nature25 au moyen d’ateliers pratiqués dans une quarantaine de pays depuis les années 1980, appelés le « Travail qui Relie » (The Work that Reconnects).

Joanna MACY, Ecopsychologie pratique,
Le Souffle d’Or, 2008

Déjà au XIXe siècle, Henry David THOREAU26 (1817-1862), écrivain et militant américain, ne voyait pas d’un bon œil sa société de l’époque et plus largement le monde occidental, contre laquelle il rédige un pamphlet suite à son expérience au plus près de la nature, dans les bois pendant deux ans27.

Henry David THOREAU,
Walden or Life in the Woods,
Ticknor and Fields, 1854

Au-delà des contestations environnementales, c’est à l’issue des « Trente Glorieuses » de l’après-guerre où l’ère de la consommation bat son plein28, qu’une partie de la société (étudiants, ouvriers, enseignants) manifeste son rejet du consumérisme lors des événements de mai 1968, en exprimant : « À bas la société de consommation »29. Déjà en 1965, Georges PEREC (1936-1982) décrivait dans son oeuvre, Les Choses – Une histoire des années soixante30, un couple dans sa vie quotidienne soumis à la pression du consumérisme31. Cela n’a pas empêché en 50 ans à la quasi-totalité des Français de bénéficier de réfrigérateur, lave-linge ou télévision et accentuer l’offre technologie à partir des années 200032. L’écrivain et réalisateur Cyril DION nous décrit33 que « désormais, (l’école) s’ingénie, en plus de transmettre des connaissances, à préparer les élèves à s’insérer dans une société de consommation, libérale, mondialisée, compétitive, obnubilée par la croissance, le profit, l’argent… ».

Taux d’équipement des ménages en biens durables
Source : Insee-Archives (Lemonde.fr, Anne-Aël DURAND, mai 2018)

Voici quelques caricatures du consumérisme qui sont le travail de Ben HEINE34 (1983-auj), artiste visuel belge35 36 37 : n°1 Over-consuMption, 2008 ; n°2 Consumerism, 2010 et n°3 No more purchasing power, 2009.

Le comportement minimalisme est donc le résultat d’une réflexion sur l’état de notre société, et plus particulièrement sur l’environnement et sa dégradation, malgré les efforts consentis par certains. Il est également au cœur d’une réflexion sur soi-même. Si le minimalisme peut sembler en apparence vide (rien), il n’en demeure pas moins qu’il permet une reconnaissance sinon un détachement des peurs compensées par le besoin de consommer (dans le sens de consumer, se rassasier). D’après le sociologue Christopher LASCH (1932-1994), le besoin de consommer compense en filigrane des carences affectives et identitaires : le manque d’estime de soi, vide existentiel, créé un besoin de reconnaissance sociale, une demande d’être aimé38. Aussi, Thierry BRUGVIN, psychothérapeute, précise que le besoin de possession répond à la peur névrotique de l’insécurité matérielle, le manque : cela peut se décliner en une consommation de biens sécurisants (physiologique ou technologiques) ou une économie d’argent et ne rien dépenser39. Benoît HEILBRUNN, professeur de marketing40, compare ces biens marchands à des « prothèses identitaires »41. Puisque le bonheur n’est pas matériel 42! C’est SENEQUE Le Jeune (4 av. JC – 64) qui l’a dit…43 Le minimalisme tend ainsi à nous rapprocher des vraies valeurs, celles en lien avec la Nature et avec l’Homme.

Benoît HEILBRUNN, Je consomme donc je suis ? Nathan, Décodage, 1995

Dans l’Antiquité, les philosophes grecs ARISTOTE et PLATON se seront entendus sur ce point44 : « l’harmonie intérieure est nécessaire pour vivre une vie bonne »45, c’est pourquoi un mode de vie plus sobre pourra contribuer à régler les insatisfactions intérieures. Pour SOCRATE et PLATON46, les besoins vitaux doivent être honorés sans aller à l’excès, au moyen de la retenue. Cette dernière, traduite par l’ascèse, permettait, par un entraînement physique ou intellectuel (spirituel notamment) de mener à bien son but en se privant du superflu. Par opposition, la pauvreté est subie et imposée. André GORZ47 (1923-2007), philosophe et journaliste français, oppose la notion relative de pauvreté comme étant le fait de « ne pas avoir la capacité de consommer autant d’énergie qu’en consomme le voisin », à la misère où les besoins primaires ne sont pas satisfaits48. Ainsi selon lui, la sobriété est nécessaire pour lutter contre la misère ; cette dernière étant engendrée par le déséquilibre (surconsommation et manque) et par la limitation des ressources.

Minimalisme, simplicité volontaire, sobriété heureuse49 ou encore frugalité ne sont donc pas des effets de mode ; de nombreuses pratiques et réflexions à ce sujet illustrent l’intérêt porté. « Vivre plus simplement pour que les autres puissent simplement vivre » disait Mohandas Karamchand GANDHI (1869-1948). Le minimaliste met parfaitement en œuvre la notion de simplicité volontaire, expression inventée par Richard GREGG, philosophe américain, dans son oeuvre parue en 1936, The Value of Voluntary Simplicity50. C’est Duane ELGIN51, « activiste de l’évolution » distingué par The Ecologist Magazine en 200952, qui démocratise ce concept dans les années 1980, la définissant comme « une manière de vivre qui est extérieurement plus simple et intérieurement plus riche »53.

Duane EGGIN, Voluntary Simplicity, Harper, 2010

Comme l’économie circulaire, la simplicité volontaire performe sur les plans suivants54 :

  • social, en privilégiant l’intérêt collectif à celui individuel, par la mise en commun des ressources disponibles (partage, services rendus, fêtes de quartiers…) ;
  • environnemental, en réduisant son empreinte écologique, puisque chaque consommation a un impact, et en pensant aux générations futures (consommer moins, déplacements limités et collectivisés, réparer et acheter d’occasion) ;
  • économique, en replaçant l’économie non plus au service du capital mais à celui des hommes et de leurs besoins (monnaies locales, troc, économie locale).

Dominique BOISVERT, fondateur du Réseau Québécois pour la simplicité volontaire55, et auteur de L’ABC de la simplicité volontaire56, conseille de redécouvrir la notion de « crise », étant comme un risque, à accepter, et une opportunité, pour progresser.

Mark Alan BURCH, ancien professeur de l’Université de Manitoba (Canada), exprime que la simplicité volontaire n’est pas une fin mais un moyen57 : «Dans le tumulte incessant de la société de consommation, les gens sont emportés dans un tourbillon d’obligations, d’influences et de compétition qui accaparent tout leur temps. Or, on a besoin de temps pour se pencher sur les vraies questions et pour donner un sens à sa vie »58. Il a également mené des travaux au Simplicity Institute59.

Consumption Society, 2009 Photo : Ben HEINE

Pour résumer cette partie, de prise de conscience et de volonté d’une sobriété volontaire et heureuse, nous pouvons citer les ouvrages de Gilles LARTIGOT (EAT « Chroniques d’un fauve dans la jungle alimentaire »60 et EAT 2 « Des morts et des vivants »61) qui, outre le portrait dressé d’une société toxique, non sans détours, l’auteur propose, entres autres, des solutions concrètes sous forme de chroniques pour vivre de l’essentiel. Sous le prisme de l’alimentation, il rappelle qu’un retour aux fondamentaux est indispensable et que tout à chacun se doit de s’informer au moyen de sources indépendantes et avoir l’esprit critique.

Les états-uniens Joshua FIEDLS MILLBURN et Ryan NICODEMUS sont à l’initiative d’un blog, The Minimalists62. Ils tentent de déployer ce concept outre-Atlantique à l’appui de réalisations balayant de nombreux aspects du minimalisme :

J. F. MILLBURN et R. NICODEMMUS Photo : Blog The Minimslists, 2010
  • Livres aux éditions Assymetrical Press :
    • Minimalism : live a meaningful Life, 2011
    • Everything that remain : a memoir by The Minismalists, 2014
    • Essential : essays by The Minimalists, 2015
  • Film documentaire de Matt D’AVELLA :
    • Minimalism : a documentary about the important thin, 2016

Comme évoqué précédemment le minimalisme a toujours existé, traversant les générations, les cultures, les mondes artistiques et les espaces. Le minimalisme attise de l’intérêt par son originalité et a de nombreux points communs avec l’économie circulaire. Autrement dit, il est à l’individu ce que l’économie circulaire est à la société ; il en va de l’origine de la notion d’économie.

État des lieux de sortie du minimalisme : PARALLÈLES AVEC L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE

À l’origine, l’économie se définie étymologiquement par la « gestion de la maison » (du grec ancien οἰκονομία : oikos, maison, et nomos, gérer, administrer)63. Ainsi, agissant à l’échelle micro-économique, l’individu bénéficie d’une sorte de « pouvoir » et ses actions et consommations influent sur l’économie sociétale au sens plus macro-économique. La multiplication des échanges internationaux et le développement des outils statistiques ont permis à l’économie politique, apparue à la Renaissance comme une discipline distincte de la philosophie, de se transformer en science économique. La dimension écologique est entrée en considération plus tardivement dans les années 1960-1970, dès lors que la finitude des ressources naturelles dans les modèles économiques ait été prise en compte, notamment grâce aux travaux de bioéconomie64 de l’ économiste américain Nicholas GEORGESCU-ROEGEN (1906-1944). Celui qui a inspiré le mouvement de la décroissance rappelle que « le processus économique matériel ne peut se répéter et s’accroître indéfiniment dans un monde où l’énergie (flux solaire et énergies qui en sont dérivées) et les matières premières sont limitées »65. Ce visionnaire remet en cause cette science économique en prenant en compte d’une part la biologie évolutionniste (compréhension des scénarios et étude des mécanismes de l’évolution des espèces) ; d’autre part le deuxième principe de la physique thermodynamique classique, l’entropie (d’origine grecque signifiant transformation, se définissant comme une fonction d’état proportionnelle à la quantité de matière en présence -fonction d’état extensive-)66. Aussi, cette dernière est considérée par Jean-Luc COUDRAY dans son ouvrage Guide philosophie des déchets67 comme la « tendance spontanée d’un système isolé à évoluer de l’ordre vers le désordre ». Nicholas GEORGESCU-ROEGEN lui confère une approche anthropomorphique, par rapport aux intérêts humains.

Dominique LOREAU,
L’Art de la simplicité, simplifier sa vie, c’est l’enrichir
Robert Laffont, 2005

Le mode de vie minimaliste, comme de nombreux auteurs en parlent (par exemple Dominique LOREAU dans L’art de la simplicité, simplifier sa vie, c’est l’enrichir, éditions Robert Laffont, 2005), illustre bien l’attention portée tant à la gestion des ressources acquises (entrants) et celle des déchets (sortants) qu’à l’aspect du bien-être mental. L’objectif est d’apporter des solutions concrètes requérant le moins de gaspillage. En promouvant un mode de vie respectueux de la Planète, et par voie de conséquence de l’Homme (désencombrement, slow life, ou encore zéro déchet), les actions mises en place touchent maints domaines du quotidien : alimentaire, vestimentaire, domestique, décoratif, professionnel, etc. (sportif, associatif, loisirs…). Les expérimentations sont riches et à travers ces trois axes non exhaustifs, il est possible de faire des parallèles avec une économie circulaire.

À l’aurore, le minimaliste consomme moins et durablement

C’est le sens actuel donné au proverbe « less is more », devise dont la paternité est discutée. L’écrivain allemand Christoph Martin WIELAND (1733-1813) a écrit cette expression dans un poème en 1774, Nouvel An68 69, sans rapport avec le sens donné actuellement par cet oxymore : « Moins est plus », « Moins, c’est plus » ou encore « Dépouillement est richesse ». Ce sont plus tard Robert BROWNING70 (1812-1889), poète britannique, et Ludwig MIES VAN DER ROHE, en architecture, qui le démocratiseront. Dès les années 195071 72, le designer industriel allemand Dieter RAMS (1932-auj), exprimait “Ma devise à ce jour : moins, mais mieux » et avait conscience que le design minimaliste pouvait répondre aux critères actuels de l’économie circulaire. Ce concepteur de la marque connue Braun, dont les ressemblances à Apple sont proches73, définit un “bon design” pour les qualités suivantes :

Dieter RAMS Photo : Abisag Tüllmann

Photos suivantes :

N°1 : Tischsuper RT 20 Radio, 1961 Photo : Abisag Tüllmann

N°2 : T 3 Radio HfG Ulm, 1958 Photo : Abisag Tüllmann

En informatique, le minimalisme numérique, incluant les télécommunications, est « à portée de main » aujourd’hui. L’exemple phare est la marque à la pomme, dont le premier iPhone a fêté en 2019 ses 12 ans74. Steven Paul JOBS (1955-2011), inventeur visionnaire américain (habitant d’une maison Eichler…) a vu son design influencé par le bouddhisme lors d’un voyage spirituel en Inde75. De plus, alors que la majorité des conceptions sont soumises aux contraintes techniques du produit, le design minimaliste d’Apple76 se veut maître de l’ingénierie, devant s’adapter au produit conçu77. Un parallèle peut être fait avec l’éco-conception : la valeur de l’objet se trouve dans sa rationalité et la simplicité des interfaces et des fonctions. « Les recherches et particularités d’informatique minimale, algorithmes simples qui peuvent rimer avec performances ou expressivité minimale de problème complexe via la récursivité »78.

Apple Pay France, 2016 Photo : Freenews

Robert MORRIS (1931-2018), artiste et écrivain américain, justifie que « simplicité de forme ne signifie pas nécessairement simplicité de l’expérience »79, ni pauvreté de l’objet d’ailleurs, l’objet devant être utile avant tout. D’où un rapprochement certain avec l’économie de fonctionnalité. Il en résulte que le minimaliste, s’il choisit d’acheter le moins possible, procède tant que faire se peut à des achats durables, « processus impliquant un questionnement et des arbitrages constants. Il n’existe pas de définition universelle, mais des solutions à inventer »80. Ceux-ci s’inscrivent ainsi dans une logique d’achats responsables, signe d’économies réalisées sur le budget du consommateur grâce à la minimisation des matières et des énergies ainsi qu’à l’efficience dans l’utilisation. Des guides comme le propose le site belge Guidedesachatsdurables.be/fr peuvent aider à faire des choix en matière d’achats et se tourner vers des labels reconnus81. L’ADEME a publié une étude proposant « une évaluation du «poids matière» de nombreux équipements dans l’objectif d’éclairer le consommateur et de l’orienter vers des comportements évitant le suréquipement, le surdimensionnement ou le renouvellement trop fréquent des équipements » (Modélisation et évaluation des impacts environnementaux de produits de consommation et biens d’équipement, sept. 2018, collection Expertises).

Modélisation et évaluation des impacts environnementaux de produits de consommation et biens d’équipement, Source : ADEME, Collection Expetises, septembre 2018 (p.5)

Également, plus ludique, l’association Zéro Waste France a lance début 2019 le défi « Rien de neuf » permettant de mesurer l’impact sur la planète en ne faisant que des achats d’occasion ; le site propose également des alternatives selon chaque types d’objets82.

Défi Rien de Neuf 2019 Photo : Zero Waste France

Le pendant de ce design minimaliste numérique en l’occurrence est la notion de cyberminimalisme qui, selon l’enseignante et journaliste Karine MAUVILLY, ne prône pas l’abstinence, mais le contrôle de l’addiction aux outils numériques. Dans son ouvrage très récent Cyberminimalisme : Face au tout numérique, reconquérir du temps, de la liberté et du bien-être (édition Anthropocène Seuil, 2019), l’auteure nous démontre que ce recul n’est pas marginal et que la critique est souvent issue de « repentis des grandes entreprises technologiques ». La prise de conscience des méfaits sur la santé et les effets sur la biosphère du tout-numérique et de la dématérialisation massive, notamment avec la consommation de ressources nécessaires à ces technologies, amène de plus en plus de citoyens à s’en méfier (médecin, activistes, parents, etc).

Karine MAUVILLY, Cyberminimalisme, Anthropocène Seuil, 2019

Concrètement, pour consommer et vivre mieux, plus durablement et limiter les déchets et le gaspillage d’énergies, ne faut-il pas simplement se poser les questions suivantes avant d’acheter ?83

  1. Cela fonctionne-t-il encore ? Est-ce périmé ? ❧ Est-ce que je l’utilise régulièrement ?
  2. En ai-je plusieurs ?
  3. Cela met-il la santé de ma famille en danger ?
  4. Est-ce que je le garde par culpabilité ?
  5. Est-ce que je le garde parce que « tout le monde en a un » ?
  6. Mérite-t-il que je consacre du temps à le nettoyer ?
  7. Pourrais-je utiliser cet espace pour autre chose ?
  8. Est-ce réutilisable ?

Au zénith, le minimaliste désencombre sa vie

Impossible d’évincer l’aspect vestimentaire lorsqu’il s’agit de remettre en cause ses modes de consommation. Alors que la mode minimaliste84 exprime un rejet de la période ostentatoire et médiatisée des années 1980, emplie de marques, couleurs, accessoires et textiles voyants issus d’artistes comme Gianni VERSACE ou Karl Otto LEGERFELD, moins minimaliste que la créatrice Gabrielle CHANEL (1883-1971). Dès 1910, cette dernière avait mis en avant un style aux lignes épurées et sobres inspiré du vestiaire masculin pour sa praticité… À côté de la haute couture, les styles hippie, punk et grunge se défendent entre 1970 et 1985 d’une « antimode » qui refuse les diktats de la mode. Par exemple, le magazine ModLab, créé par Fabrice JONAS, défend une position antifashion de la mode au sein d’un mouvement durable, précisant que les créations doivent s’inspirer du vivant pour innover durablement, étant ni plus ni moins du « biomimétisme »85.

Garde-robe CAPSULE Photo : Blog Bee Organisée, 2014

Dès les années 1970 et davantage dans les années 1990, la mode s’inspire également du minimalisme et rend à l’habillement sa vocation première : vêtir les hommes et les femmes. Les confections minimalistes permettent de s’accorder aisément (objectif de la garde-robe « Capsule ») et demeurent universelles dans les âges, catégories sociales, matières, formes corporelles, etc. Si l’influence minimalisme reste en marge avant la fin des années 1990, plusieurs éléments déclencheurs vont être le vecteur de prise de conscience générale. Les grandes marques de l’industrie de la mode doivent faire des efforts en matière d’émissions de gaz à effet de serre, et ont notamment fait le serment lors de la COP24 en décembre 2018 à en réduire 30% d’ici 203086. L’industrie de la mode souhaite se racheter une « renaissance écolo » comme bonne conduite, son blason peut donner envie de se redorer, c’est ce que tente de faire le salon Remode à Los Angeles87.

Méthode KonMari de Marie KONDO Photo : Madame Figaro

Devons-nous acheter un objet pour son logo ou sa marque (et les conditions de fabrication lointaine, la qualité moindre des matières et la faible durabilité qui vont avec88) ou pour son utilité ou son confort avant tout ? L’aspect vestimentaire tient une part importante dans le comportement minimaliste car il illustre parfaitement le gaspillage qui peut en être fait notamment par les quantités pharaoniques mises sur le marché89. D’ailleurs, la pionnière du minimalisme, Marie KONDÔ90, en propose un désencombrement prioritaire avec la méthode KonMari91, basée sur le sentiment de joie systématique que doivent procurer les objets nous entourant92. L’esprit minimalisme doit son berceau au Japon93 94, avec l’enjeu de redonner un sens aux objets95, en prenant de l’altitude avec eux. Le regard sur l’objet n’est dès lors plus le même…

Fumia SASAKI, japonais minimaliste, est considéré également comme un chef de file du minimalisme96. Il est le co-auteur du blog Minimal & ism97, dont le leitmotiv est « l’avenir, c’est moins », et du livre Goodbye things98.

Le désencombrement est désormais un métier : home organiser, à l’origine pour faciliter la vente d’un bien immobilier (home stager) et le dépersonnaliser, il est de plus en plus sollicité pour améliorer la qualité de vie et pour gagner du temps. La conférencière et formatrice belge Élodie WERY a créé son entreprise de quinze « désencombreuses » où, en plus d’intervenir aux domiciles, forme les futurs home organiser.

Elodie WERY, home organiser
Photo : http://www.elodiewery.be

Au crépuscule, le minimaliste gère ses déchets

Béa JOHNSON, française vivant aux États-Unis, pratiquant le zéro déchet, a remis en cause sa sur-consommation et a réfléchi sur le désencombrement de son logis, elle est un exemple de famille minimaliste qui plus est, zéro déchet (Zéro Déchet, éd. J’ai Lu, 2015). En effet, minimalisme et réduction des déchets sont très liés, même si les opposants s’animent à affirmer le contraire99 (même si dans l’absolu, la production de déchets et la consommation d’énergie sont inéluctables dans nos modes de vie contemporains). L’essentiel est d’avoir pris conscience des problématiques engendrées par une consommation excessive et de faire de son mieux pour limiter le gaspillage et économiser les ressources.

Béa Johnson, championne toutes catégories du zero waste :
dans ce bocal, un an de ses déchets non recyclables.
Photo : Frederic Neema/Polaris, L’Express.fr, 2015

Consommer de manière minimale se répercute sur la production de déchets, puisque l’objectif étant de s’entourer d’objets durables, gestion en amont qui promeut la volonté de diminuer drastiquement les déchets, même ceux destinés au tri sélectif d’après B. JOHNSON. Certes, la phase de désencombrement peut émettre certains déchets, à moins qu’ils soient bien traités selon la hiérarchie des déchets (1° réemploi par le don, le troc ou la vente ; 2° réutilisation de pièces ; 3° recyclage ; 4° valorisation ; 5° élimination finale), en privilégiant la création de ressources nouvelles. La réduction des déchets et la valorisation des objets dont on souhaite se séparer sont des processus longs, actions quotidiennes comparables à celles du colibri selon la légende amérindienne, racontée par l’écrivain écologiste français Pierre RAHBI (1938-auj)100 :

« Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! « Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part ».

Courant qui a désormais ses addicts, le minimalisme ne s’impose pas à la majorité tant il est lié à une prise de conscience de l’état actuel et en devenir de notre environnement. Cette sensibilité et le besoin de se dégager d’objets superflus, voire même par manque de moyens, ne font pas du minimalisme un genre nouveau. Ce dernier s’inscrit de plus en plus avec d’autres valeurs (zéro déchet, slow life, agriculture biologique, consommations et modes de vie alternatifs…) regardant tous dans la même direction : la volonté de préserver les ressources planétaires, de limiter les gaspillages et de se libérer des chaines du tout-consumérisme (à moins de ne se laisser influencer et envahir par les objets au design minimaliste, notamment numériques !).

Le minimalisme est à l’individu ce que l’économie circulaire est à la société : avec de petits gestes à l’échelle individuelle ou familiale, la limitation des impacts environnementaux se répercutent à l’échelle sociétale. Économie circulaire et minimalisme ont de nombreux points communs, telles des synergies.

JoanaMirandaStudio
Photo : http://www.etsy.com

Sources

1Christoph Martin WIELAND, « Neujahrswunsch », in Der Teutsche Merkur (janvier 1774) p. 4 ; traduction de la citation… Unquote Newsletter (octobre 1997) p. 3

2Le mot « antre » signifie ici une petit maison, une grotte, qui m’est venu pour illustrer la forme de l’article. J’image mes propos comme une visite guidée d’un logis (minimaliste) avec un état des lieux d’entrée (partie I), le détour par une aile (partie II) et l’état des lieux de sortie (partie III). Quand j’évoque le fait que c’est « tourné vers l’économie circulaire », c’est pour faire allusion à l’orientation « plein sud » (le meilleur, ici l’économie circulaire).

3Robert HERRICK, The Hesperides & Noble Numbers: Edited by Alfred Pollard, éditions HardPress Publishing, 2014 (1898)

4http://cnrtl.fr/definition/minimaliste

5https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/minimalisme/51617?q=minimalisme#51501

6https://www.imanemagazine.com/8-peuples-minimalistes/

7https://fr.wikipedia.org/wiki/Minimalisme_(art)

8Photographie : http://860880lakeshoredrive.com/mies-van-der-rohe/

9https://fr.wikipedia.org/wiki/Ludwig_Mies_van_der_Rohe

10http://architectoid.blogspot.com/2012/04/joseph-eichler-and-apple.html?q=eichler

11https://www.engelvoelkers.com/fr/blog/vie-de-luxe/architecture/modernite-nature-et-ouverture-lattrait-durable-des-maisons-de-joseph-eichler/

12 https://www.menil.org/campus/dan-flavin-installation

13http://www.matinyhouse.com/la-communaute/quand-on-aime-les-tiny-house

14https://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_minimaliste

15https://www.francemusique.fr/personne/steve-reich

16http://neospheres.free.fr/minimal/palestine.htm et https://fr.wikipedia.org/wiki/Charlemagne_Palestine

17http://neospheres.free.fr/minimcal/intro.htm

18Jean-Noël Von Der Weid, La Musique du XXe siècle, Hachette Littératures, 2005, p. 387

19https://fr.wikipedia.org/wiki/Noam_Chomsky

20https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_minimaliste

21https://fr.wikipedia.org/wiki/Minimalisme_biblique

22https://www.letemps.ch/societe/generation-ne-voulait-plus-posseder

23http://volte-espace.fr/interview-de-paul-chefurka-pour-adrastia/

24http://adrastia.org/gravir-lechelle-de-la-conscience-paul-chefurka/

25Joanna MACY, Ecopsychologie pratique et rituels pour la Terre, éditions Le Souffle d’Or, 2008

26https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_David_Thoreau#La_soci%C3%A9t%C3%A9_aveugle_%C3%A0_l%27aune_des_besoins_humains

27Henry David THOREAU, Walden or Life in the Woods, éd. Ticknor and Fields, Boston, 1854

traduction française : Walden ou la Vie dans les bois, Paris, éd. Nouvelle Revue française, coll. Blanche, 1922

28https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/05/21/1968-2018-logement-consommation-etudes-comment-la-france-a-change-en-cinquante-ans_5302144_4355770.html

29https://mai1968tpe.wordpress.com/i-qui-pourquoi-comment-en-cours/

30Georges Perec, Les Choses, éditions Julliard, collection Lettres nouvelles, Paris, 1965

31https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/030417595250-georges-perec-les-choses-2102284.php

32https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/05/21/1968-2018-logement-consommation-etudes-comment-la-france-a-change-en-cinquante-ans_5302144_4355770.html

33Cyril DION, Petit Manuel de résistance contemporaine, éditions Actes Sud, coll. Domaines du possibles, 2018 (p.59)

34https://benheine.com/biography/

35https://www.deviantart.com/benheine/art/Consumerism-144482471

36https://www.deviantart.com/benheine/art/Over-Consumption-75971042

37https://www.deviantart.com/benheine/art/No-More-Purchasing-Power-145206428

38https://www.humanite.fr/consommation-le-capitalisme-et-nos-peurs-589587

39https://www.humanite.fr/consommation-le-capitalisme-et-nos-peurs-589587

40Benoît HEILBRUNN, Je consomme donc je suis ?, éditions Nathan, collection Décodage, 2013

41http://theconversation.com/consumo-e-r-go-sum-60726

42https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Vie_heureuse

43SENEQUE, De la vie heureuse (De vita beata), 58 (oeuvres complètes dans: Bibliothèque latine-française, Tome III, Paris, Panckoucke, 1832)

44Richard KRAUT, Aristotle’s Ethics, dans Stanford Encyclopedia of Philosophy, Stanford, 2011

45https://fr.wikipedia.org/wiki/Aristote#cite_ref-Kraut20114_183-0

46https://fr.wikipedia.org/wiki/Asc%C3%A8se#Socrate_et_Platon

47André GORZ/Michel BOSQUET, Écologie et politique, édition Seuil, collection Points Politique 1978,

48https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Gorz#Sur_la_sobri%C3%A9t%C3%A9,_la_pauvret%C3%A9_et_la_mis%C3%A8re

49Pierre RABHI, La Sobriété Heureuse, édition Actes Sud, 2010

50Traduction française : Richard GREGG, La valeur de la simplicité volontaire , édition Le Pas de côté, 2012

51Et auteur, conférencier, éducateur, consultant et activiste américain, né en 1943

52https://theecologist.org/2009/apr/01/visionaries-duane-elgin

53Duane ELGIN, Voluntary Simplicity, édition Harper, 1981

54https://www.consommerdurable.com/2013/10/comment-debuter-une-demarche-de-simplicite-volontaire/

55http://simplicitevolontaire.org/

56Dominique BOISVERT, L’ABC de la simplicité volontaire, édition Ecosociété, 2005

57Mark Alan BURCH, La Voie de la Simplicité, édition Ecosociété, 2005

58http://simplicitevolontaire.org/la-simplicite-volontaire/livres/la-voie-de-la-simplicite-pour-soi-et-la-planete-mark-a-burch/

59http://simplicityinstitute.org/mark-burch

60Gilles LARTIGOT, EAT, Chronique d’un fauve dans la jungle alimentaire, éd. Winterfields, 2013

61Gilles LARTIGOT, EAT 2, Des morts et des vivants, éd. Winterfields, 2017

62https://www.theminimalists.com/

63http://www.toupie.org/Dictionnaire/Economie.htm

64Nicholas GEORGESCU-ROEGEN, The Entropy Law and the Economic Process, éd. Harvard University Press, 1971

65https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicholas_Georgescu-Roegen#cite_ref-8

66https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-entropie-3895/

lxviiJean-Luc COUDRAY, Guide philosophique des déchets, éditions i, 2018, Paris

68https://de.wikipedia.org/wiki/Weniger_ist_mehr

69Christoph Martin WIELAND, « Neujahrswunsch », in Der Teutsche Merkur (janvier 1774) p. 4 ; traduction de la citation… Unquote Newsletter (octobre 1997) p. 3

70Robert BROWNING, Men and Women, édition Ticknor and Fileds, Boston,1855

71https://translate.googleusercontent.com/translate_cdepth=1&hl=fr&prev=search&rurl=translate.google.fr&sl=de&sp=nmt4&u=https://www.deutschlandfunkkultur.de/weniger-aber-besser.1013.de.html%3Fdram:article_id%3D167455&xid=17259,15700023,15700124,15700186,

15700190,15700201,15700237,15700248&usg=ALkJrhiacVNNAv9OlWqMOMUqXaDZRJd2Eg

72https://fr.wikipedia.org/wiki/Dieter_Rams

73http://www.softphd.com/these/braun-apple/figures

Photo 1 : https://medium.com/bellroy-by-design/heroes-of-design-01-dieter-rams-8e5e334a39be ; photo 2 : https://readymag.com/shuffle/dieter-rams/products/ ; photo 3 : https://www.cooperhewitt.org/2017/02/11/tischsuper-but-not-kitschsuper-dieter-rams-rt-20-radio-for-braun/ 

74http://www.iphon.fr/post/iphone-12-ans-bon-anniversaire-44734

75https://fr.wikipedia.org/wiki/Steve_Jobs

76https://www.freenews.fr/freenews-edition-nationale-299/presse-5/apple-pay-arrive-france-dispositif-minimaliste

77https://www.challenges.fr/magazine/sa-quete-de-purete-steve-jobs_332417

78http://binaire.blog.lemonde.fr/2014/03/18/minimalisme-numerique-2/

79Daniel MARZONA, Art Minimal, éditions Taschen, 2009

80Extrait 100 questions pour comprendre et agir, Boutique AFNOR, FA091640, p.3 (https://www.boutique.afnor.org/extraits/FA091640.pdf)

81https://guidedesachatsdurables.be/fr

82https://riendeneuf.org/

83Béa JOHNSON, Zéro Déchet, édition J’ai Lu, 2015

84https://fr.wikipedia.org/wiki/Minimalisme_(mode)

85https://modelab.fr/antifashion-2/

86https://www.dna.fr/actualite/2018/12/11/des-marques-de-vetement-s-engagent-pour-le-climat

87https://www.grazia.fr/mode/news-mode/mode-la-belle-ethique-912111 et https://fr.fashionnetwork.com/news/UBM-lance-Remode-nouvel-evenement-BtoB-a-Los-Angeles,977146.html#.XE4uBoVTRcw

88https://www.rtl.fr/girls/societe/fashion-revolution-le-classement-de-mauvais-eleves-de-la-mode-7793135821

89https://www.consoglobe.com/industrie-textile-ethique-environnementale-cg

90https://konmari.com/pages/about. Marie KONDO est essayiste japonaise et consultante en rangement

91Marie KONDÔ, La Magie du Rangement, éditions First, 2015

92http://madame.lefigaro.fr/societe/rangement-la-methode-marie-kondo-pour-en-finir-avec-la-pagaille-250816-115984

93https://www.letemps.ch/opinions/rien-philosophie-minimalistes-japonais

94https://zitahome.wordpress.com/2016/05/17/lart-du-zufu/

95https://www.lexpress.fr/styles/psycho/metthode-marie-kondo-ranger-pour-etre-plus-heureux_1652406.html

96https://usbeketrica.com/article/vivre-sans-objets-qui-sont-les-minimalistes

97https://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=ja&u=https://minimalism.jp/&prev=search (https://minimalism.jp/)

98Fumia SASAKI, Goodbye things, éditions W. W. Norton & Company, 2017

99https://leminimaliste.com/differences-minimalisme-zerodechet/

100http://aupetitcolibri.free.fr/NOTRE_PROJET/legende_amerindienne.html

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